Hiérarchie, quoi ça ?
Il est temps de remettre certaines idées reçues à leur place. Vous avez souvent dû lire ces articles tirés de différents documents de vétérinaires comportementaliste que j’avais résumé en français. Ils expliquaient clairement que le chien est un animal social qui n’est pas agressif de nature mais le devient par « éducation ». J’entends par éducation tout apprentissage volontaire ou involontaire du chien par son environnement, son maître, les autres chiens etc… On peut aussi dire que c’est l’expérience qui détermine les comportements du chien : expérience positive donc répétition du comportement, expérience négative alors suppression ou atténuation du comportement.
Que le chien soit destiné au sport, à la compagnie ou au travail, la façon d’aborder son éducation est la même. C’est pas ce que semble croire un bon nombre d’utilisateurs, mais j’ai tout de même pu rencontrer des personnes censées qui tiennent un discours importé de Grande Bretagne et allant dans le sens de ce que je vais exposer.
Le maître est un leader pour son chien, pas un chef de meute (ou dominant)
Définissons les deux termes avant d’apporter plus d’explications.
Leader : Personne qui, à l’intérieur d’un groupe, prend la plupart des initiatives, mène les autres membres du groupe, détient le commandement. Les équivalents français sont : dirigeant et meneur. C’est tout à la fois un substantif et un adjectif qualificatif (plus ou moins synonyme de « charismatique »). Sa légitimité réside dans la qualité et le dynamisme de son leadership.
Le chef de meute, ou dominant : ne s’applique qu’entre individus de la même espèce, possédant les mêmes codes et soumis aux mêmes conditions.
J’aime cette phrase trouvé sur un forum : « Un humain peut jouer sur l’autorité en obtenant la confiance du chien en utilisant l’intelligence, ou sur la tyranie qui permet d’obtenir l’obéissance par la peur. N’attendons pas du chien qu’il pense en humain, et arrêtons le ridicule en voulant que le chien perçoive son maître comme son dominant canin ».
Le terme de leader est de loin le plus approprié pour parler d’autorité à exercer sur le chien, encore que l’autorité ne s’acquiert pas par la force mais par la sagesse, le calme et la solidité. La décision du leader est la bonne, on a confiance en lui, on le suit donc quand il nous demande de faire ceci ou cela.
Leadership et formation : l’un ne va pas sans l’autre, mais l’un et l’autre s’acquiert indépendamment.
Je bondis souvent sur ma chaise en lisant ce genre de phrase :
Le chien apprend cet ordre parce que vous êtes le chef
Le chien n’obéit pas à l’ordre parce que vous n’êtes pas le chef
Cet ordre est un ordre de soumission
Je crois que le meilleur moyen d’expliquer va être de prendre un exemple. Faisons preuve d’empathie pour le chien…
Imaginez que vous alliez dans un pays inconnu où la langue, la culture, les signaux de communication sont complètement différents des vôtres. Vous êtes dépendant d’une personne avec qui vous êtes liés par nécessité.
1 / Si cette personne est tyrannique, s’énerve parce que vous ne faites pas ce qu’il vous demande alors que cet ordre vous ne savez pas ce qu’il veut dire, on ne vous a jamais appris que cet ordre c’était de faire un comportement particulier. Vous allez stresser, agir par peur, faire un peu tout sauf ce que le tyran vous demande. La relation ne va faire qu’empirer.
2/ Si la personne est digne de confiance mais ne vous montre pas que cet ordre = ce comportement. Vous allez également stresser et proposer des choses qui ne vont pas améliorer la relation.
3/ Si le tyran vous montre avec violence et méchanceté que cet ordre = ce comportement et vous félicite quand vous l’exécutez. Vous aurez compris ce qu’il attend de vous. Même si vous le craigniez, vous ferez une partie de cet ordre comme il l’entend.
4 / Si la personne digne de confiance vous montre avec douceur que tel ordre = tel comportement en vous offrant un bon repas ou une partie de jeu vidéo (ou autre loisir que vous aimez) en récompense, vous exécuterez cet ordre sans vous poser de question.
5 / Un idiot du village vous montre avec douceur que tel ordre = tel comportement en vous offrant un bon repas ou une partie de jeu vidéo (ou autre loisir que vous aimez) en récompense, vous exécuterez cet ordre sans vous poser de question.
Par cet exemple, on peut parfaitement comprendre que peu importe notre position par rapport au chien, l’apprentissage d’un comportement voulu n’est qu’une étape de formation.
Là où la position devient importante c’est uniquement pour avoir une relation de confiance avec l’animal qui exécutera le comportement sans hésiter. Dans le cas, où le leader offre pendant la formation de la nourriture ou autre chose que le chien apprécie, n’est qu’une manière d’associer le comportement à quelque chose de positif. Croire que l’animal aura toujours besoin de ces récompenses pour exécuter le comportement est un mythe, la récompense ne vient que pendant la formation du comportement.
La prochaine fois : formation du chien de travail vs formation du chien de sport
















